Les coûts environnementaux de la fast fashion #605

28/11/2022

Nouvelle saison, nouveaux styles, acheter plus, acheter moins cher, passer à autre chose, jeter : la pollution, les déchets et les émissions de la fast fashion alimentent la triple crise planétaire.
Les soldes annuelles du vendredi noir, le 25 novembre, nous rappellent la nécessité de repenser ce que l’on achète, ce que l’on jette et ce que cela coûte à la planète.

La mode durable et la circularité dans la chaîne de valeur du textile sont possibles. Pourtant, au cours de ce siècle, les consommateurs du monde entier achètent plus de vêtements et les portent moins longtemps que jamais, se débarrassant des vêtements aussi vite que les tendances changent.

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) est le fer de lance d’une initiative visant à créer un monde sans déchets. Dans le cadre de cette perspective ambitieuse, le PNUE s’est associé à la poétesse kenyane Beatrice Kariuki pour mettre en lumière les secteurs à fort impact où les consommateurs peuvent faire une réelle différence.

« Nous avons besoin d’industries circulaires où les vieux looks sont remis à neuf », déclare Kariuki dans la vidéo. « Moins d’emballages, plus de réutilisation. Des fils qui durent ».

La Fondation Ellen Macarthur, partenaire du PNUE, a estimé qu’un camion de textiles abandonnés est mis en décharge ou incinéré chaque seconde. Parallèlement, on estime que les gens achètent 60 % de vêtements en plus et les portent deux fois moins longtemps.

Les fibres plastiques polluent les océans, les eaux usées, les teintures toxiques et l’exploitation de travailleurs sous-payés. La mode rapide est un gros business, et alors que les coûts environnementaux augmentent, les experts affirment qu’il existe une autre voie : une économie circulaire pour les textiles.

Lors de la conférence des Nations unies sur le climat (COP27) qui s’est tenue ce mois-ci en Égypte, le PNUE et l’organisation à but non lucratif Global Fashion Agenda (GFA) ont organisé un événement intitulé « Circular Systems for a Net Positive Fashion Industry » (systèmes circulaires pour une industrie de la mode à bilan positif net), qui a attiré des leaders du secteur pour discuter des voies à suivre vers une économie circulaire pour l’industrie, avec moins de déchets, moins de pollution, plus de réutilisation et plus de recyclage.

Aujourd’hui, le PNUE et la GFA mènent une consultation dans l’ensemble de l’industrie de la mode afin de définir la voie à suivre pour devenir net-positif, c’est-à-dire une industrie qui rend au monde plus qu’elle ne lui prend. Le PNUE élabore également une feuille de route pour la durabilité et la circularité dans la chaîne de valeur du textile et s’efforce de modifier le discours du secteur, en examinant le rôle de la consommation et en élaborant des lignes directrices pour une communication durable sur la mode.

Le modèle économique de la mode rapide, qui se caractérise par un chiffre d’affaires rapide, des volumes importants et des prix bas, est soumis à la pression des consommateurs qui exigent des changements. Ils veulent des vêtements résistants issus d’une industrie durable, un objectif soutenu par l’Alliance des Nations unies pour la mode durable.

Un exemple marquant de la manière dont l’industrie de l’habillement peut adopter les principes de l’économie circulaire est la marque américaine de vêtements de plein air Patagonia, lauréate d’un prix Champion de la Terre des Nations unies en 2019.

Patagonia est allée encore plus loin, en annonçant au début de l’année qu’elle se transformerait en un trust caritatif dont tous les bénéfices de ses 1,5 milliard de dollars US de ventes annuelles seraient consacrés au changement climatique, faisant de la planète son seul actionnaire. De nombreux autres acteurs du secteur opèrent également des changements importants.

Cette semaine, le PNUE a organisé un séminaire en ligne intitulé « Shifting the Fashion Narrative : Repenser les aspirations dans un monde de surconsommation », que vous pouvez visionner ici.

UNEP