Le nouveau rapport de Textile Exchange sur la biodiversité #271

04/11/2021

Un nouveau rapport applaudit les progrès tardifs mais accélérés de la mode en faveur de la biodiversité. Toutefois, il reste encore beaucoup à faire.

Biodiversity Insights, un nouveau rapport de Textile Exchange, considère qu’au cours de l’année écoulée, le secteur a reconnu tardivement l’importance de son rôle dans la lutte contre la perte de biodiversité. Publié aujourd’hui, le rapport compile les données de 157 entreprises, dont Hermès, Kering, Richemont, Ralph Lauren et H&M, et vise à fournir un point de référence pour les progrès accomplis, en encourageant les marques de mode à agir plus rapidement en faveur de la biodiversité, tout en soulignant l’ampleur du travail qui reste à accomplir […].

L’impact de la mode sur des questions telles que le changement climatique et la pénurie d’eau est largement mesurable. En revanche, les effets de ce secteur sur la santé des écosystèmes mondiaux varient considérablement tout au long de sa longue chaîne d’approvisionnement et ne suivent aucune règle ou limite précise. Si les experts s’accordent à dire que la mode a contribué à la disparition sans précédent d’espèces ces dernières années, ces impacts sont difficiles à mesurer et les solutions potentielles compliquées à mettre en œuvre.

Cela s’explique en partie par le fait que la biodiversité elle-même est un aspect de la science particulièrement complexe à étudier. Elle est spécifique à un lieu et nécessite de comprendre à la fois les espèces individuelles et la manière dont elles s’intègrent dans un système plus vaste et à quoi ressemble leur réseau de relations. Même les outils et l’expertise nécessaires pour mesurer la biodiversité diffèrent d’une région à l’autre. Si la tache s’avère complexe pour les scientifiques, elle est d’autant plus difficile à gérer pour les marques, dont les chaînes d’approvisionnement sont réparties dans le monde entier.

Kering montre la voie, mais une feuille de route est nécessaire

Certaines entreprises ont fait un effort particulier pour inclure la biodiversité dans leurs travaux. C’est notamment le cas de Kering, qui a été cité comme un leader dans ce domaine, grâce la méthodologie de son compte de résultat environnemental (EP&L) incluant la biodiversité et sa stratégie biodiversité lancée en 2020.

Toutefois, il s’agit d’exceptions et le fait est que la plupart des entreprises de mode n’ont pas encore formulé de réponse à la menace qui pèse sur la biodiversité. L’objectif de Textile Exchange est d’aider la mode à lancer le processus et à combler les lacunes en matière de mesure et de définition des objectifs.

« Nous devons arriver à un point où la protection des espèces, des forêts et des écosystèmes est intégrée dès le départ dans les vêtements et le processus de fabrication », déclare Jeffrey Hogue, responsable de la durabilité chez Levi Strauss & Co, qui a participé au rapport de Textile Exchange. […]

Plus de la moitié des entreprises participant au rapport ont identifié le risque lié à la biodiversité comme une priorité, et près de la moitié ont déclaré envisager de le désigner comme tel. Mais la manière dont elles élaborent leurs stratégies est moins claire. Si 59 % d’entre elles se sont engagées publiquement à s’attaquer aux risques liés à la biodiversité, seules 8 % disposent d’une stratégie explicite en la matière.

Selon M. Truscott, il n’y a pas encore de feuille de route sur ce à quoi ressemblerait une stratégie idéale – par exemple, est-il préférable d’avoir du personnel dédié à la conservation de la biodiversité, ou d’exiger que chaque département impliqué dans une décision d’approvisionnement ou commerciale ajoute des mesures liées à la biodiversité à son processus d’évaluation ?

Lire l’article complet sur Vogue Business